Les coûts cachés de la reconduction tacite

Les coûts cachés de la reconduction tacite

Les contrats sont la plupart du temps conclus pour une durée déterminée. Pensez par exemple à votre abonnement Internet ou à la salle de sport, à votre contrat d’énergie ou à un contrat de leasing. Dans le cadre de contrats privés, il est interdit de prévoir une reconduction tacite pour la durée initiale du contrat. Mais cette possibilité existe pour les entreprises et la majorité des contrats sont ainsi tacitement reconduits, ce qui est tout à fait compréhensible, car cela facilite la collaboration pour tout le monde. Resigner tous les ans tous les contrats que vous avez conclus vous demanderait bien du travail pour poursuivre une collaboration qui est déjà bien en place. Mais la reconduction tacite s’accompagne aussi d’une série de coûts cachés.

Reconduction tacite involontaire ou non souhaitée pour la durée initiale du contrat

La durée du contrat, par exemple, peut en effet jouer un rôle déterminant. Les contrats d’une durée de 36, 48, ou même 60 mois ne sont pas rares. La période de préavis est alors souvent de 6 mois avant l’échéance du contrat. Un contrat de 60 mois, soit 5 ans, qui est reconduit tacitement se transforme ainsi rapidement en un contrat de 10 ans. Avec un peu de malchance, vous êtes sans le savoir, ou même sans le vouloir, lié(e) à un contrat, et donc à un fournisseur, pour 10 ans, voire plus longtemps.

Sur le plan administratif aussi, un contrat de longue durée constitue un risque. Qui se rappelle encore au bout de 4 ans où il/elle a mis le contrat de son fournisseur X ou, pire encore, quelles en étaient les modalités de préavis ? Dans le meilleur des cas, les contrats sont archivés dans un outil numérique doté d’un système d’alerte automatique et qui envoie un rappel quelques jours avant le délai de préavis. Mais dans la réalité, les contrats sont souvent conservés dans un classeur quelque part dans une armoire, ou dans un dossier numérique dont on a presque oublié l’existence. Dans le pire des cas, le contrat est tout simplement introuvable.

CONSEIL : veillez à faire supprimer la clause de reconduction automatique. Si ce n’est pas possible, joignez immédiatement la lettre de résiliation au contrat lors de sa signature.

Augmentation des tarifs

Si vos contrats sont reconduits tacitement, vous courez également le risque de voir votre fournisseur augmenter unilatéralement les tarifs chaque année et vous ne pouvez alors souvent rien y faire. En fonction de l’importance du fournisseur et de la portée du contrat, la différence peut se chiffrer à plusieurs milliers d’euros sur une base annuelle. Si vous avez plusieurs fournisseurs, les sommes peuvent rapidement atteindre des sommets. Veillez donc si possible à conclure des contrats de plus courte durée et résiliez-les à temps.

Le contrat est-il encore nécessaire ?

Il se peut aussi que le contrat conclu avec un certain fournisseur n’ait plus de raison d’être. Le monde évolue à un rythme effréné et votre entreprise aussi. Si la reconduction tacite peut être très pratique, elle vous lie en revanche pour plus longtemps encore à un contrat dont vous n’avez en définitive peut-être plus besoin. Évaluez dès lors vos contrats en temps utile et résiliez-les au bon moment. Vous éviterez ainsi de rester lié(e) à un contrat qui ne vous est plus utile.

Autre conseil : remplacez la clause « reconduction tacite de la durée initiale » par « reconduction tacite d’une durée de 12 mois ».

Entendons-nous bien : la reconduction tacite comporte des avantages quand elle est assortie de bonnes conditions. Elle vous épargne en effet pas mal de travail administratif. Mais mieux vaut résilier un contrat dès qu’il devient superflu. Soyez également attentif(ve) au délai de préavis mentionné dans le contrat. Il y a fort à parier que cela vous épargnera de nombreux coûts cachés.

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